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vendredi, 19 novembre 2010

On est bien peu de choses

J'étais tranquillement devant l'ordinateur à écouter ça et ça lorsque j'ai entendu du raffut dehors puis un grand bruit sourd suivi d'un espèce de ronflement.
Passées quelques minutes, voyant que le ronflement continuait, je suis sortie sur le palier voir si ce n'était pas un clodo qui squattait là.

C'était Michel. Un des voisins du dessus d'une soixantaine d'années environ, gisant la tête contre le sol.

Je me suis approchée, et essayé de le « réveiller ». Il était en train de cuver, et effectivement, ronflait bruyamment. En descendant l'escalier il avait vraisemblablement glissé (c'est très mal éclairé) mais par chance en tombant en travers il n'a pas heurté le pilier en béton.
Il était pieds nus, ses savates non loin de là, avec le visage tout bouffi et un énorme hématome au niveau des yeux. Par chance là encore, ses lunettes avaient giclé plus loin et les verres n'étaient pas cassés, tout juste sortis de leur logement. Pas de fracture apparente, mais une plaie à l'arcade et au crâne (des années à regarder Urgences, ça aide).

Malgré tout, je n'ai pas mon BEPS donc j'ai sonné chez ma voisine d'en face, qui (par chance) est infirmière. Pendant que je prévenais les pompiers, elle l'a tourné en position latérale, et lui a parlé.
En attendant les pompiers, je lui ai demandé de serrer ma main, il a vaguement soulevé la paupière de son oeil valide (oeil vitreux d'ailleurs) et grommelé quelque chose d'incompréhensible.

Bien sûr, le détecteur de mouvement s'éteint très vite, et la lumière sous le porche est chiche. Il a donc fallu que j'aille chercher une lampe torche et que je cavale ensuite avec dans la rue telle une sioux faisant de la fumée pour chercher les pompiers - qui étaient passés devant le parking sans s'arrêter.

Il l'ont branché sous oxygène, sa tension était basse (9.7) mais il était aussi conscient qu'on peut l'être dans ce cas-là. Clairement, il était saoûl comme une barrique.
20 minutes plus tard il partait dans l'ambulance pour l'hôpital, qui (par chance encore une fois) n'est qu'à 2 minutes.

Je crois que je l'ai fait ma BA de l'année. Concours de circonstances où j'étais là au bon moment, et où la chance était avec nous tous, surtout.

00:11 Écrit par Anouchka dans Moi Je | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blabla de fille, journal intime

jeudi, 18 novembre 2010

Merci

On se connaît depuis 3 ans je crois. On ne s'est pas vues pendant presque un an il me semble. On se donnait des nouvelles via FB.
Puis, il y eût la traditionnelle Champagne party au cours de laquelle on s'est retrouvé. Où on a discuté, vraiment. Où j'ai appris que je lui manquais, et qu'elle lisait régulièrement mon blog. Qu'elle « adorait » ma façon d'écrire. Ça m'a vraiment touché. Parce que je la respecte, parce que finalement rares sont les personnes IRL qui me lisent.

Moi aussi elle m'a manqué. Mais parfois la notion de temps n'a pas vraiment d'importance parce que l'important est ailleurs, l'important est plus profond que manger un bout ensemble à midi.

La rareté est précieuse, tu sais.

Depuis, on se revoit à nouveau. Et parler avec elle, ça me fait un bien fou. Parce que le niveau de discussion est vraiment différent, profond, adulte, mâture. Elevé.

Parce qu'elle comprend vite (et bien), parce qu'elle pose les bonnes questions ou mieux, sans le savoir (?) parce qu'elle va me pousser dans mes retranchements, et dans mon questionnement.
Ça me donne matière à réfléchir, du baume au cœur, de la confiance, au-delà des sentiments d'amitié ou d'appréciation d'une soirée partagée ensemble ou quoi.
Ça me fait avancer. Ca me tire vers le haut. On va à l'essentiel elle et moi, pas d'entourloupe ni de faux-semblants, pas de superflu. Enfin si, parfois, et heureusement :) Mais pour le reste, ni elle ni moi n'avons le temps.
Elle a toujours eu ce cran d'avance, cette résistance, cette exigence. Je ne la porte pas aux nues, elle a des failles et des défauts comme tout le monde. Mais depuis le tout début il s'est passé un truc je ne sais pas, « franco de port » était écrit dans son regard, on s'est capté.

Je ne sais toujours pas quel surnom lui donner ici. J'en avais trouvé un, et chose pour le moins originale, je le lui ai dit, enfin plutôt proposé. Et non, ça ne lui va pas, je ne sais pas. C'est elle qui trouvera.

Je pense qu'elle lira ces lignes, même si elle sait tout ce que je pense d'elle.

Et ces « illuminations » que je peux avoir ont souvent lieu lorsque je suis avec elle. Comme si moi et moi-même faisions un brainstorming. C'est exactement ça dont il s'agit, d'une tempête sous mon crâne. C'est elle l'élément déclencheur.

Figure-toi qu'hier j'ai passé 3 heures à réécrire des brouillons de posts très personnels. Ecrits pour certains d'entre eux depuis un an ou deux. Je les ai remaniés, réorganisés, relus ; à présent ils sont aboutis et je suis prête à les poster. Jusqu'à présent j'hésitais, ils restaient dans une sorte de jachère qui me convenait. A présent je sais que ça va me faire du bien de les publier, qu'on les lise. Même si je ferme les commentaires par choix.

Tu veux que j'te dise ? Vivement la prochaine fois.

Vers l'infini et au-delà :)
xoxo

15:11 Écrit par Anouchka dans Sous la Couette | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : blabla de fille, confidences

mardi, 16 novembre 2010

Stupid is as stupid does

Pour revenir à la réalité, rien ne vaut d'être coincé dans les embouteillages au retour d'un pont (avec une monstrueuse envie pressante et la flemme de s'arrêter aux toilettes sur l'autoroute) ; puis, après une nuit de sommeil inférieure aux 9 heures de ces jours derniers, se cogner le petit orteil contre le pied du lit (en bois).
Et quoi de mieux que le microcosme de la Bouatte pour se rendre compte du niveau de gangrène de notre société bêtise que certains atteignent ?

Comme j’aime bien faire de nouvelles expériences, j’ai volontairement tenté la chose suivante :

Mardi dernier, la photocopieuse tombe en rade d’agrafes. Comme c’est une machine récente, elle affiche tout un tas d'informations sur son écran tactile, et clignote. Enfer et damnation, panique, avant que mes chers collègues viennent tous un par un au bureau des pleurs dans mon bureau (« hinnnnnn, la photocopieuse elle agrafe puuuuuuu »), ni une ni deux je commande viteuf les agrafes, et le fournisseur au téléphone m’indique une livraison sous 72 heures. Pour vendredi avec un peu de chance donc.
Je colle un post-it jaune fluo sur le photocopieur, indiquant en gros que les agrafes étaient commandées.

Hier matin en arrivant, je découvre un petit paquet sur mon bureau : la boîte d’agrafes neuves. Ouverte, puis laissée remise dans son carton – au cas où les agrafes iraient toutes seules par je ne sais quelle formule magique s’auto-clipser dans leur compartiment.
Car bien sûr, Binôme sensé me remplacer n’a évidemment 1/ fait que son boulot 2/ a pourtant ouvert ledit paquet mais 3/ n'a pas jugé utile de mettre les agrafes dans la photocopieuse.

Et là me viens cette idée saugrenue : saurai-je débusquer un petit scarabée débrouillard parmi tous mes chers collègues ? Un qui aura suffisamment de jujeotte pour remplacer les agrafes ? Pari tenu, ni une ni deux je pose la boîte sur le photocopieur, bien en évidence, et m’en retourne vaquer à mes occupations. Il était environ 11h.

Collègue 1 vers 15h00 cet après-midi : « Ah ? Y’a plus d’agrafes ? » (perspicacité : +1000). Il avise la boîte et entreprend alors de mettre les agrafes. Je crois avoir trouvé mon vainqueur. Qui appuie sur tous les boutons de la photocopieuse. Au bout de 10 minutes, lasse d’entendre le bip-bip de la machine n'en pouvant plus, je me lève et ouvre la trappe d’accès aux agrafes.

« Encore faut-il le savoir », me rétorque Collègue 1.

Précision utile, la machine indique sur son bel écran ce qu’il faut faire (même qu’il y a écrit « assistant ») avec un schéma. Bien.
Le schéma figurant sur la boîte d'agrafes quant à lui, ayant dû être fait par de petits philippins kidnappés par des chinois, eux-même ne parlant pas anglais, malgré de grosses flèches, ni Collègue 1 ni moi n’arrivons à trouver le par où pour enlever la boîte vide et mettre la nouvelle.

Arrive Collègue 2, à qui je demande son aide, puis Collègue 3 qui, comme il est grand, regarde par-dessus toutes nos épaules pour savoir ce qui se passe, et me sort la bouche enfarinée : « Mais c’est à nous de changer ça ? C’est pas à eux (= le fournisseur auprès de qui le copieur est en location) de s’en charger ? ». Je ne réponds même pas (les deux autres sont pendant ce temps-là toujours affairés à trouver le par où).

Et Collègue 3 de rajouter : « Comment ça se fait, y’avait plus d’agrafes ? » (perspicacité + 1000, avec droit de rejouer).
Finalement, je lâche sur un ton agacé : « Non, il n’y en avait plus depuis la semaine dernière » et lui de me répondre : « Ah ché pas, vendredi j’étais pas là ».

Soupir indiquant un joyeux : « Moi non plus, CONNARD ».

Et je rétorque : « Tu n’as pas vu la boîte neuve posée sur le photocopieur depuis ce matin ? ».
Lui : « Si, enfin pt’être, ché pas ».
Moi : « Ben bizarrement les agrafes ne se sont pas mises toutes seules ».

Bref, Collègue 2 fini par trouver le par où, j’enfourne les agrafes pendant que Collègue 1 me regarde faire, et que Collègue 3 fait genre de superviser les travaux en pliant un plan A0.

Voilà. La morale de cette histoire ? Je ne sais pas trop.

Que j’use parfois trop de salive pour des choses / gens qui n’en valent pas la peine. Que les petites contrariétés du quotidien sont difficiles à gérer lorsqu’on a fait le break avec le boulot. Que beaucoup trop de gens sont des assistés qui n’ont pas une once de bon sens. Au pays de l’assistanat permanent, je crois qu’il faut que je me fasse une raison.

19:09 Écrit par Anouchka dans Fas Cagat | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blabla de fille, taff